Programme iNSTaNT

12 juin 2020 par Louise GOMART
La fin du Néolithique ancien en Europe centre-occidentale : de l’approche intégrée du système technique aux dynamiques socio-culturelles d’une transition historique majeure (du 6ème au 5ème millénaire av. n. ère)

Responsables : Louise Gomart (Trajectoires) et Solène Denis (PreTech)

Partenaires et participants : Trajectoires (Caroline Hamon, Michael Ilett), Université de Namur & LIATEC (Laurence Burnez-Lanotte, Solène Denis), UMR Pretech (Pierre Allard), Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (Eric Goemaere), Agence wallonne du Patrimoine/AWaP (Isabelle Deramaix, Martin Zeebroek), INRAP (Nicolas Cayol), Antoine Zanotti (Université Rennes 2)

Référents scientifiques: Françoise Bostyn (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne & Trajectoires), Vincent Blouet (Service Régional de l’Archéologie, Alsace-Lorraine), Dominique Bosquet (Agence wallonne du Patrimoine – AWAP), Ivan Jadin (Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique), Claude Constantin (Trajectoires)

Le projet iNSTaNT (MSH Mondes) se concentre sur la compréhension des mécanismes sociaux-économiques en jeu à la fin de Néolithique en Europe tempérée, période au cours de laquelle la culture très homogène du Rubané se morcelle en une mosaïque de groupes culturels dits « post-rubanés ». En parallèle de ce phénomène de fragmentation, qui se produit à la charnière des VIème et Vème millénaires avant notre ère, de nouveaux canons architecturaux sont adoptés, de nouveaux territoires sont occupés et un essor démographique des populations peut-être supposé. Dans le cadre du présent projet, c’est cet « entre-deux », qui marque le basculement entre deux systèmes socio- économiques radicalement différents, que nous explorons. Si plusieurs études typologiques, souvent conduites de façon séparée, ont révélé des continuités et des ruptures stylistiques entre les cultures matérielles rubanée et post- rubanée, très peu d’éléments ont été avancés sur les dynamiques culturelles, sociales et économiques ayant amené au morcellement et à la désintégration du système rubané.

L’objectif de ce programme (2019-2021) est de mener une lecture dynamique du processus de déstructuration de la culture rubanée par l’analyse technologique de trois proxies, la poterie, les outils en silex et les outils macrolithiques, dans une région clé, le Hainaut en Belgique, qui a livré une abondante série de sites rubanés et « post-rubanés ».

C’est à travers le prisme de la transmission intergénérationnelle des savoir-faire techniques que nous tentons (1) d’identifier les différents groupes sociaux en présence à la fin du processus de Néolithisation en Hainaut ; (2) de pister leur origine, leurs trajectoires et leurs interactions.

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Carte de répartition de l’aire d’occupation Néolithique ancien en Hainaut et sites sélectionnés dans le cadre du programme. Plan et restitution d’élévation de l’unité domestique du Néolithique ancien en Europe continentale et types de vestiges étudiés.

De par leur quantité et leur diversité, les céramiques, les outils en silex et les outils macrolithiques constituent les principaux témoignages de l’organisation socio-économique des sociétés de la fin du Néolithique ancien de Belgique (les industries osseuses, ainsi que les restes animaux n’y étant pas conservés, du fait de la nature acide des substrats). Sur les quatre sites d’habitat sélectionnés, nous nous attachons à restituer les traditions de fabrication de ces trois éléments clé de l’assemblage domestique néolithique. La puissance heuristique de cette étude intégrée réside dans la possibilité d’identifier les individus impliqués dans la production des différents types d’artefacts et d’explorer si les différentes sphères techniques analysées témoignent des mêmes rythmes évolutifs et influences.