Prospection subaquatique du village néolithique final de Beau Phare (UNESCO) à Aiguebelette-le-Lac (Savoie).

12 juin 2020 par Louise GOMART

Responsable du projet : R. Brigand

Partenaires : Trajectoires (R. Brigand), MCC-DRASSM (Y. Billaud), Laténium (F. Langenegger), CCLA (V. Beauvais)

Le site d’Aiguebelette-le-Lac/Beau-Phare se trouve dans la partie méridionale du lac, sur une avancée de la plateforme littorale formant une presqu’île étroite. À faible profondeur, la station est repérée dès 1863 et fait l’objet de ramassages jusqu’au début du XXe siècle. Dans le cadre de l’opération de suivi dirigée par Y. Billaud (2015-2018) suite à l’inscription de la station sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco (2011), un bilan sanitaire et documentaire du site a été réalisé en 2016. La synthèse des données issues des opérations de R. Laurent (1971) et d’A. Marguet (1983 et 1998), couplée à une courte mission de terrain a permis de progresser dans la connaissance du site. Afin de poursuivre l’exploration de ce site et documenter, pour la première fois en Savoie, le plan d’un village littoral du Néolithique final, une opération de prospection subaquatique a débuté en 2018. L’objectif de cette campagne a été de réaliser un relevé du champ de pieux afin de disposer d’une vue générale de la structuration de l’habitat.

L’originalité de ce site palafittique consiste en un chemin d’accès barré d’au moins trois palissades. Le plan villageois, très régulier, s’organise selon une orientation préférentielle à la perpendiculaire de l’axe du chemin, tout particulièrement pour le secteur est où quatre bâtiments de 5 x 10 m environ sont accolés par leurs murs gouttereaux.

À l’ouest du chemin, au moins deux bâtiments se distinguent nettement : un premier, le long du chemin, fait face à l’entrée ; un second se situe entre deux palissades. En l’état actuel des recherches, près de douze pieux datés par dendrochronologie permettent une première esquisse de l’occupation du village avec une date en -2693 obtenue sur deux pieux en sapin disposés de part et d’autre de la palissade interne. Quatre bois de cette dernière ont été abattus en -2684. Enfin plusieurs dates obtenues sur les alignements de pieux au sud du site archéologique plaident pour une construction du chemin d’accès en -2672.