Sociétés et économies

Ce premier thème, centré sur les productions économiques des sociétés anciennes, s'articule autour de deux axes : d'une part, les systèmes de transformation des ressources du monde vivant (animal et végétal) ; d'autre part, les modes d'exploitation des ressources minérales.

Ce premier thème, centré sur les productions économiques des sociétés anciennes, s’articule autour de deux axes complémentaires : d’une part, les systèmes de production et de transformation des ressources du monde vivant (animal et végétal) ; d’autre part, les modes de production et d’exploitation des ressources minérales (pierre, argile, métal, sel). L’émergence des économies de production et la diversification des stratégies d’exploitation des ressources naturelles vivantes et minérales constituent des processus éminemment structurants dans l’organisation et l’évolution des sociétés pré- et protohistoriques, des derniers chasseurs mésolithiques aux paysans gaulois.

  • Système de production et de transformation des ressources du vivant

Cet axe de recherche porte sur l’évolution de l’exploitation animale et des matières végétales depuis le Mésolithique jusqu’à l’âge du Fer.

aurochs_aisne.jpgPour ce qui concerne les ressources fauniques, une synthèse été réalisée à partir de dizaines de milliers d’ossements issus des sites archéologiques dans le Nord de la France retraçant l’évolution de l’alimentation, les consommations collectives et les gestes funéraires du Néolithique à la fin de La Tène (ouvrage Sidestone). Dans le cadre d’une ANR Homes  sur la société du Néolithique ancien dans le Bassin parisien, des analyses isotopiques (C, N, S) ont été menées à terme (collaboration avec l’UMR 7269 Lampea) pour retracer l’environnement naturel et les pratiques d’élevage sur 200 ans dans la vallée de l’Aisne (Hauts-de-France) et proposer un modèle de ressources alimentaires locales. labo_os.jpgLa collaboration avec le laboratoire de paléogénétique Jacques Monod a par ailleurs été poursuivie pour retracer l’ADN des bovins néolithiques. Pour aborder le domaine symbolique, des études ont été menées sur les pratiques rituelles intégrant des os isolés, des portions d’animaux ou encore des dépôts d’animaux entiers dans des sites particuliers comme les enceintes du Néolithique et les fosses isolées datées du Mésolithique à l’âge du Bronze final/début de La Tène (ARC Fosses profondes).

Pour ce qui concerne le domaine funéraire, une synthèse a été menée sur la place de l’animal dans les silos en accompagnement des morts (ouvrage RAE). Plusieurs articles de synthèses et monographies de sites traitent de pratiques singulières de consommations collectives dans des contextes particuliers de sites d’habitat fédérant occasionnellement des populations, et en contextes funéraires (âge du Bronze et âge du Fer). Une réflexion a été menée par ailleurs sur différents aspects de la discipline archéozoologique à travers la participation au GDR Bioarchéodat (atelier « Minimum outils archéozoologiques ») et sur l’avenir des spécialités bioarchéologiques (botanique et archéozoologie au sein du Conseil Scientifique de l’Inrap).

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Restes fauniques issus de la fouille du site néolithique ancien de Menneville « Derrière le Village »

La confrontation des supports exploités pour l’industrie osseuse et les restes fauniques liés à la consommation alimentaire au cours du Néolithique montre que les spectres se calquent parfois imparfaitement. Ainsi, une synthèse réalisées sur les enceintes du Néolithique moyen Michelsberg indique une gestion des ressources animales divergente qui s’illustre par une inversion des espèces consommées, exclusivement domestiques, et des espèces dont les os sont destinés à la fabrication de l’outillage, majoritairement issues de la chasse. Enfin, Dans le cadre des ateliers méthodologiques du GDR BioarchéoDat, une base qui rassemble les données ostéométriques de bois de cerf issues de collections tant archéologiques qu’actualistes a été mise en place (https://bioarcheodat.hypotheses.org/3863). L’objectif de cette dernière est de permettre la réalisation de synthèses régionale et/ou diachronique consultables à partir d’un siteweb interactif (WebGIS, Webgraph).

Concernant les ressources halieutiques, deux territoires sont explorés, l’un en France et l’autre à l’étranger. Pour le premier, des opérations de fouilles, des sondages et des prospections sont menées sur la façade Manche/Atlantique (archipel de Molène (29), archipel de Chausey (50), île d’Oléron (17), îles Saint-Marcouf (50), chantiers sur estran dans la Manche) et ont permis de mettre au jour de la faune et de la malacofaune, étudiés en collaboration avec plusieurs partenaires (MNHN, CEHA, CG17, CNRS). Hors du territoire national, les travaux menés dans la vallée de la Dvina occidentale ont permis de mettre l’accent sur l’importance des activités halieutiques dans l’économie des premières communautés sédentaires, entre le 5e et le 3e millénaires avant notre ère. Plusieurs structures fixes de pêcherie, associées à des fragments de filet, des poids, des flotteurs, ainsi que des hameçons ont pu être mises au jours sur le site de Serteya dans la région de Smolensk (mission archéologique du MEAE 2NOR 2018-2021). Le traitement des poissons in situ est attesté par des fosses et des outils en os dédiés à cette activité. Enfin, leur consommation est démontrée par de nombreux restes ichtyologiques, plusieurs centaines de milliers (thèse en cours) et les analyses paléoparasitologiques de coprolithes qui indiquent l’ingestion d’individus crus ou mal cuits (IRP franco-russe NORth 2020-2023, Maicher et al. 2021).

Pour ce qui est des ressources végétales, celles-ci sont exploitées durant le Néolithique et les âges des Métaux à des fins à la fois alimentaires et artisanales. Dans le cadre d’une ANR Homes, une analyse a été effectuée pour évaluer la maturité économique et la capacité de production de maisonnées du Néolithique ancien. Ces dernières sont autonomes du point de vue alimentaire et les résultats mettent en avant une forte plurifonctionnalité : le broyage majoritaire de céréales et de légumineuses, mais également la forte présence de plantes aux vertus médicinales et de tubercules.  En complément une analyse combinée en tracéologie optique et en microrésidus botaniques (amidon) des surfaces des outils de broyage en contexte rubanés et BVSG en Europe du nord-ouest a été menée (projet DIM MAP Amidon). Pour les âges des Métaux, des travaux d’importance internationale ont été menés sur les modes agro-pastoraux, marqueurs isotopiques des fertilisations (HDR).

  • Production et exploitation des ressources minérales

L’une des thématiques des recherches en géoarchéologie porte sur les usages de la terre crue dans la construction et l’aménagement des architectures néolithiques. Les recherches ont porté sur différentes formes de sites (habitat et funéraire) et ont permis de révéler le rôle important de la terre dans les processus de formation des sites archéologiques (thèse et ANR Monumen). Les développements de l’approche technologique en lame mince a ainsi contribué à mieux documenter les chaines opératoires des constructions en bauge mais aussi celles des sols construits à l’intérieur des bâtiments.

Les opérations de fouille préventives menées en Île-de-France depuis 2017 ont été en partie menées en contexte alluvial sur des surfaces souvent très importantes. Ces sites se présentent le plus souvent sous la forme d’un paléosol avec ou sans distinction stratigraphique, avec ou sans structure avérée. Les corpus lithiques de ces occupations de bords de rivière, sont souvent très volumineux, avec plusieurs milliers de pièces qui apportent des éléments de compréhension à leur mise en place, à la nature des occupations où aux activités qui y ont été exercées.  Pour continuer sur le thème de l’industrie lithique, celle des premiers peuplements néolithiques entre Danube et Mer noire ont fait l’objet de prospections qui devraient aboutir à des fouilles dans les années à venir (Membre Programme MEAE). Par ailleurs, des études ont été menées sur le processus de néolithisation avec l’apparition tardive du Néolithique en Dobroudja, avec la culture de Hamangia et son rôle dans le développement de la culture de Varna. Les productions et réseaux de circulation des biens lithiques du chalcolithique des balkans nord-orientaux, pour les cultures de Gumelnita et de Varna (programme Nécropole de Varna) ont été également analysés.

Enfin, des études ont été menées sur des productions lithiques spécifiques comme les brassards d’archer. À la fin du Néolithique, l’équipement d’archer occupe une place d’importance dans l’économie des sociétés et la représentation des individus. À ce titre, il constitue un excellent vecteur pour appréhender les transformations sociales, voire économiques au début des âges des Métaux. Différents projets de recherche et découvertes ont permis ces dernières années de préciser la place de ces productions lithiques. L’étude des armatures en silex du Grand-Pressigny a permis de montrer le choix particulier de cette matière par les archers campaniformes en Bretagne, alors que dans le même temps la production de poignards pressigniens semble s’arrêter brusquement. Dans le cadre d’un projet Fyssen (2015-2016), l’étude du mobilier d’archerie d’Europe centrale (pointes de flèches, brassards, etc.) a permis de mettre en évidence un investissement particulier dans sa production, sans toutefois être l’œuvre d’artisans. Surtout, les traces d’usure de ces objets montrent qu’une partie d’entre eux étaient conservés, même s’ils étaient rendus inutilisables, car ils revêtaient une fonction d’apparat pour une partie des hommes adultes. Dans le cas du cimetière d’Hoštice-I en République tchèque, la confrontation avec les données ostéologiques a permis de mettre en parallèle la biographie des individus et celle de leur équipement, suggérant l’existence de différentes catégories d’archers selon les déformations osseuses liées à l’archerie et les dépôts funéraires. L’entrée dans l’âge du Bronze est marquée par une spécialisation économique croissante, dont témoigne la production d’armatures de flèches en silex. Dans le cadre des fouilles du cimetière tumulaire de Petersfield Heath (Royaume-Uni), l’étude de deux séries funéraires d’ébauches d’armatures montre une plus grande complexité des chaînes-opératoires, nécessitant plusieurs étapes de préformages, mais aussi une certaine valorisation sociale de l’artisan. En effet, une des deux séries étaient associées à un poignard en bronze, arme réservée aux segments supérieurs de la société à cette époque. Dans le Nord-Ouest de la France, la production spécialisée d’armatures est réservée à l’élite dirigeante au début du IIe millénaire av. n. è., comme en témoigne la récente découverte de la tombe de Giberville (Calvados). Celle-ci a livré quatorze pointes « armoricaines » finement taillées en silex blond translucide, présentant les traces d’un emmanchement couvrant à l’instar, et associées à un poignard en bronze et une parure en ambre. L’analyse des résidus d’adhésif sont en cours d’analyse.

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Spécialisation et stratification sociale au Bronze ancien : les productions d’armatures perçantes (C. Nicolas)

Le sous-système céramique fait également l’objet d’études pluridisciplinaires permettant d’appréhender les dynamiques sociales du Néolithique : la répartition des activités artisanales dans les premières communautés agro-pastorales est examinée à l’échelle de la maisonnée (programme iNSTaNT), et les trajectoires de Néolithisation dans le nord et le sud de la France sont tracées grâce à la restitution des savoir-faire céramiques (ANR CIMO et Projet OTKA Hongrie). En ce qui concerne la céramique de l’âge du Bronze atlantique, les études portent sur la typo-chronologie, modes de fabrication, et dynamiques culturelles. À l’échelle de la Bretagne, la mise au jour d’importants ensembles mobiliers domestiques – en particulier d’éléments céramiques dont les découvertes se sont longtemps limitées aux structures funéraires – permet aujourd’hui d’aborder des questions comme celles touchant à la chronologie et plus largement à la culture matérielle et à la dynamique culturelle des sociétés de l’âge du Bronze. Avec les apports récents de l’archéologie préventive, les corpus céramiques sont maintenant suffisamment représentatifs pour proposer un premier séquençage des productions sur la base des formes et des thèmes décoratifs. Conjointement, une campagne de datations 14C sur les suies ou sur les caramels alimentaires présents à la surface des récipients contribue à la mise en œuvre de cette chronologie. Un point plus précis a été développé sur le registre symbolique et la commensalité à l’âge du Bronze en Bretagne. En effet, de nombreux ensembles de céramiques domestiques de l’âge du Bronze présentent des organisations particulières liées à des gestes et pratiques spécifiques (commensalité). On note un renouvellement des formes et des registres décoratifs. Certains motifs peuvent être interprétés comme des représentations astrales (solaires et lunaires). Ces représentations semblent étroitement liées aux pratiques rituelles et sociales, en jouant un rôle majeur dans la relation entretenue entre le consommateur et l’assistance.

Dans le cadre du PCR Évolution typologique et technique des meules du Néolithique à l’époque médiévale,  deux campagnes de fouilles programmées à Saint-Michel (Aisne) « le Camp de Macquenoise », sur des carrières de meules va-et-vient et rotatives ont été menées. Par ailleurs, à la faveur de l’ouverture de sablières au fond de la vallée de l’Aisne ces quarante dernières années, les occupations protohistoriques de Bucy-le-Long sont désormais perçues de manière assez précise. Grâce à un ramassage et à une étude systématiques, notre compréhension de l’économie des matières premières lithiques bénéficie largement de cette dynamique. La pierre apparaît ainsi intervenir, en fonction des époques, à différents stades de la production et du traitement des céréales : pour le chaulage de la terre à La Tène moyenne/finale, pour le chaubage des épis aux époque antérieures, et pour la mouture du grain tout au long de la Protohistoire. Aussi simple soit la chaîne technique des deux premières activités, celles-ci demeuraient jusqu’à présent inédites. Les idées formulées demeurent hypothétiques, mais sont présentées comme les hypothèses les plus crédibles pour expliquer les vestiges rencontrés. Quant au matériel de mouture, désormais abondamment traité au sein des corpus archéologiques, son étude s’enrichit ici d’un jalon particulièrement bien documenté. Jusqu’au milieu du second âge du Fer, les moulins va-et-vient témoignent d’une mouture exercée manuellement avec une capacité de production limitée. L’évolution des formes et des matériaux employés nous renseigne sur les pratiques techniques des habitants, mais aussi sur leur appréhension de l’environnement puisque les meules sont extraites de gisements géologiques sélectionnés avec des critères bien précis.

1_2_4_fig3.jpgObtention expérimentale de poudre colorante par abrasion d’un morceau
d’hématite (photo C. Hamon)

L’observation de roches exogènes, à partir du Hallstatt final – La Tène ancienne, met également en lumière l’activité d’ateliers qui se spécialisent, donnant lieu à des rapports commerciaux noués avec des populations parfois lointaines. À partir de La Tène moyenne (milieu du IIIe siècle avant J.-C.), le moulin connaît une transformation technologique majeure avec l’adoption du mouvement rotatif, mais le cadre de la transformation alimentaire reste domestique. Hormis par l’augmentation des rendements et la diminution de l’effort, l’organisation des activités de mouture change peu. En revanche, le choix des matières premières révèle une évolution de la prise en main des matériaux : des grès maîtrisés tout au long de la Protohistoire, le choix des tailleurs de pierre s’oriente exclusivement vers les calcaires lutétiens. À l’échelle du micro-terroir de Bucy et au travers des roches acquises par ses occupants, c’est tout un pan d’une économie de production et de transformation des céréales qui est révélé. Hors du territoire national, une enquête ethno-archéologique a été réalisée au Mexique (projet METATE). En adoptant une approche résolument pluridisciplinaire associant paléovolcanisme, mécanique des roches, géographie, archéologie et anthropologie des techniques, l’objectif du projet est de reconstruire les trajectoires d’évolution de cette activité meulière implantée sur les flancs du volcan El Metate (Michoacán, Mexique), dans ses différentes échelles spatiales (des carrières et ateliers ù les metates sont produites, aux villages où elles sont utilisées) et temporelles (du 13e siècle à nos jours). Il vise à reconstituer l’évolution d’un territoire volcanique organisé autour d’une activité spécifique : l’exploitation de l’andésite pour la production des metates et molcajetes, outils au cœur de la préparation alimentaire traditionnelle méso-américaine. Un projet d’exposition avec le Musée national d’anthropologie de Mexico est prévu afin de finaliser les modèles 3D des carrières et produits à différentes étapes de la chaine opératoire.

Pour ce qui est de l’avancée des connaissances sur la métallurgie, des analyses sur des outils de l’âge du Bronze ancien breton a permis de démontrer la pertinence d’analyses XRF pour mesurer et cartographier des mesures effectuées sur différents éléments chimiques, en particulier le cuivre, l’arsenic, le zinc et l’étain. Ces analyses ont permis d’identifier les premiers outils de métallurgistes sur plusieurs sites bretons à la charnière des IIIe et IIe millénaires (programme Synchrotron Soleil). Des habitats avec niveaux de sols conservés et atelier de bronzier du Bronze final ont été découverts dans les Alpes françaises qui ont contribués à accroître les connaissances sur les témoins des activités métallurgiques. Par ailleurs, une thématique de recherche aborde la caractérisation des phénomènes de complexification des sociétés du second âge du Fer européen, à travers l’étude d’un de ces artisanats spécialisés : celui du verre. Grâce aux méthodes d’études archéométriques (collaboration avec l’IRAMAT) et expérimentales (Atelier de verriers Silicybine) développées au sein du laboratoire, ces parures révèlent désormais un potentiel informatif très riche. Les travaux menés ces dernières années ont redéfinit complètement cette production de prestige et son organisation au sein des sociétés de l’âge du Fer. Grâce à cela, le verre protohistorique fait désormais l’objet d’une attention renouvelée de la part de la communauté scientifique : jusqu’alors négligé, il devient un média privilégié pour la connaissance des populations celtiques. En effet, à travers l’étude des composants du matériau ou de la redécouverte des savoir-faire verriers, ce sont des réseaux d’échanges de la matière première et des objets finis qui se dessinent (projet Pyrhover, Rapsodie). L’étude du développement d’un artisanat uniquement dédié à l’ornementation du corps permet également d’approcher les pratiques de consommations ostentatoires des sociétés laténiennes et les éléments d’identités véhiculés par ces objets.

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Études des compositions de verres bruts laténiens : analyses élémentaires en LA-ICP-MS réalisées avec l’UMR 5060 Iramat /CEB (Photo J.Rolland)

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Approches des techniques de fabrication des parures en verre celtiques : expérimentations des différentes chaînes opératoires conduites avec l’équipe de verriers de Silicybine, S.A. (Photo J.Rolland)

Les recherches portant sur l’archéologie d’un « invisible », le sel comme matière à penser dès le Néolithique, se sont articulées selon deux approches. L’une sur des terrains nationaux (Pyrénées occidentales et golfes charentais), en tant que participant à différents programmes (ANR et 2 PCR), a cherché à identifier et caractériser l’exploitation de sources salées ou d’anciennes baies marines et d’intégrer ces productions originales dans l’organisation des sociétés néolithiques. La seconde internationale a vu le portage de plusieurs missions archéologiques du MEAE (République de Moldavie puis Espagne) et d’un projet UP1 centrés sur les plus anciennes exploitations (dès le Néolithique ancien), la diversité des fonctions socio-économiques de ce sel et sur les processus historiques qu’elles ont accompagnés (néolithisation, colonisation, anthropisation du milieu, intensification des échanges, inégalités sociales…).

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Les différentes exploitations de sel en Europe, 6000-2300 BC. © O. Weller

Outre les partenariats développés, aussi bien publiques (UMRs, universités étrangères, Académie des sciences) que privé (fondation, société d’archéologie), ces recherches ont donné lieu à plusieurs publications collectives dans des revues de haute tenue scientifique (JAS, AAS), mais également intégré un programme européen sur les ressources salifères piloté par l’IPGP (SaltGiant, H2020-MSCA-ITN-2017) ou encore alimenté un réseau international de chercheurs se réunissant régulièrement (Mexique 2017, Espagne 2018, Roumanie 2019, Etats-Unis 2022). D’autres recherches ont été menées sur les systèmes économiques des matières premières au cours des âges du Fer européens en particulier le sel et le fer dans une région qui englobe la Lorraine et le Bade-Wurtemberg.

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L’affleurement de sel gemme de Cardona en Catalogne et ses outils d’extraction du Néolithique moyen. © O. Weller